La fin de vie de son père atteint d'Alzheimer, son image parfois clivante... Il se confie face à Audrey Crespo-Mara […]

Le Mercredi 4 août 2021 - 09:43

Son film "OSS 117 : Alerte rouge en Afrique noire", troisième volet de la saga parodique portée par Jean Dujardin, a fait la clôture du Festival de Cannes. Invité ce dimanche du portrait de la semaine d'Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit", Nicolas Bedos se dit très excité par la sortie le 4 août de ce nouvel opus. "Ce film est une bulle de plaisir et de liberté, c'est l'anti-Covid", assure-t-il.

Ravi de retrouver Jean Dujardin, son ami dans la vie, l'auteur à la plume acerbe admet qu'il n'est pas facile de travailler avec les gens qu'on aime. "Jean, c’est un peu mon Cary Grant à moi. La première fois que je l'ai vu débarquer, il avait une sorte de virilité, il avait quelque chose de pas français si je peux dire ! J'ai découvert ensuite sa féminité, sa timidité", confie Nicolas Bedos. 

Habitué aux polémiques et aux critiques, n'a-t-il pas peur, dans une époque où tout est sujet à controverse, que cet anti-James Bond très 3e degré n'en déclenche de nouvelles ? "Je ne fais pas des films pour Twitter", se défend le réalisateur, qui souligne la "catharsis nécessaire que représente ce genre de film". 

Éternel angoissé, le succès que Nicolas Bedos rencontre aujourd'hui ne le rend pas plus serein. "C'est ma nature d'être inquiet et anxieux. Mais j'ai l'impression pour la première fois de ma vie que je pourrai vivre de mon métier, qui est de faire des films. Je n'ai plus cette sensation de sursis", admet l'ex-compagnon de Doria Tillier, qui n'oublie pas la grave dépression qu'il a traversée à l'âge de 20 ans et qui l'a cloué chez lui pendant 2 ans. 

"J'ai eu des fées qui étaient un tout petit peu encombrantes", admet le fils de l'humoriste Guy Bedos, dont la marraine était Gisèle Halimi et le parrain Jean-Loup Dabadie. Des pointures face auxquelles il fallait être à la hauteur. "J'ai implosé, je n'étais même plus capable de sortir de chez moi, je passais mon temps à regarder la télévision en mangeant des pâtes", se souvient-il. "Je ne pensais qu'à une chose, c’était me balancer par la fenêtre". 

Révélé par la télévision, ses bravades humoristiques lui ont valu une image clivante. "Je le comprends. Quand je rencontre des gens, ils me disent souvent que je suis moins arrogant et moins désagréable qu'ils n'imaginaient. Je n'ai pas une gueule qui respire l'humilité, j'ai un délit de gueule antipathique. C'est comme ça. Je sais que si je voulais vraiment me faire apprécier, il faudrait que je me cache". 

Ce serait bien que les gens puissent avoir un départ qui ressemble à l'exigence dont ils ont fait preuve tout au long de leur vie- Nicolas Bedos

Son père, victime de la maladie d'Alzheimer, a-t-il eu le temps d'assister à l'ascension de son fils, dont le film La Belle époque a été récompensé par 3 César ?  "Pas vraiment", se désole Nicolas Bedos qui blâme cette "maladie barbare qui a foutu le bordel dans sa mémoire et son esprit". "J'ai réussi à voler au temps quelques moments de lucidité formidables", se réjouit toutefois celui qui assure que son père a toujours été fier de lui. 

"C'était un père merveilleux qui, d'une seconde à l'autre, pouvait devenir brutal et désobligeant. Il m'a donné en héritage une sorte de susceptibilité. Mais en même temps on lui pardonnait tout car on voyait au fond de ses yeux, la tendresse d'un petit garçon blessé". Un an après sa disparition, il avait raconté en mai dernier dans L'Obs la fin de vie de son père qu'il a aidé à mourir.

"Il devient à un moment exactement ce que pendant des décennies il nous a fait promettre de ne pas le laisser devenir", révèle-t-il. "Je n'ai livré cette intimité que dans le seul but de participer à la dénonciation du flou d'interprétation que la loi inflige aux soignants dont la main tremble au bout de la seringue. (…) Ce serait bien que les gens puissent avoir un départ qui ressemble un tout petit peu à l'exigence dont ils ont fait preuve tout au long de leur vie".

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