Z, comme Zoast !

Le Jeudi 30 septembre 2021 - 09:58

ADMD

Nous savions déjà que nous n’étions pas tous égaux en matière de fin de vie…

Si vous connaissez un médecin compatissant, vous pourrez bénéficier, sur le territoire français, d’une aide active à mourir. L’Institut national des études démographiques (Ined) nous révèle que 0,8 % des décès (il y en a annuellement en France, hors Covid, entre 570 000 et 600 000) sont le fait de « l’administration d’un médicament létal ». Comme quoi, aide active à mourir et serment d’Hippocrate ne sont pas incompatibles, comme les anti-choix veulent nous le faire croire (nous le savions déjà !).

Si vous avez quelque aisance financière, vous pourrez vous faire admettre dans une association suisse afin de bénéficier d’un suicide assisté. Selon les associations, il vous en coûtera entre 8 000 et 12 000 euros, hors frais de voyage (souvent en ambulance) de votre domicile à la Suisse. Ne vous méprenez pas : loin de ce propos l’idée de vouloir critiquer nos amis helvètes qui rendent à certains Français un fier service.

Et si vous habitez dans le nord de la France, vous êtes peut-être couvert par l’une des sept Zones organisées d’accès aux soins transfrontalier (Zoast) et pourrez alors, sans autorisation préalable, aller consulter ou vous faire soigner dans les établissements hospitaliers faisant partie de la convention, de l’autre côté de la frontière – et parfois même, sans reste à charge. Ainsi, selon votre lieu de résidence, vous pourrez bénéficier de la loi belge de 2002 relative à l’euthanasie ou de la loi luxembourgeoise de 2009 sur l’euthanasie et l’assistance au suicide. Ces sept Zoast sont les suivantes :
•    ZOAST Ardennes
•    ZOAST MRTW-URSA (Mouscron, Roubaix, Tourcoing, Wattrelos, Armentières, Bailleul, Hazebrouck, Courtrai, Lille)
•    ZOAST LUXLOR (Province du Luxembourg belge et Lorraine française)
•    ZOAST TOURVAL (Tournai – Valenciennes)
•    ZOAST MOMAU (Mons – Maubeuge)
•    ZOAST Thiérache
•    ZOAST Littoral (Dunkerque – Furnes)

Il y a donc, dans notre pays et en la matière, une vraie rupture de l’égalité ; d’autant plus scandaleuse qu’elle concerne l’ultime étape de notre vie. Et si nous sommes souvent confrontés à l’inégalité des relations ou des moyens financiers, il est rare que ce soit l’Etat lui-même qui organise cette inégalité : une fin de vie maitrisée et apaisée pour quelques-uns, une fin de vie subie et contrainte pour la plus grande majorité. Il ne faut pas jalouser ceux-là (tant mieux pour eux s’ils bénéficient déjà de cette ultime liberté pour laquelle nous militons depuis 41 ans) mais bien plutôt aider ceux-ci à obtenir enfin le droit de décider pour eux-mêmes, en conscience, des conditions de leur propre fin de vie.

PhL

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