Le Lundi 9 janvier 2017 - 16:22

Fin de vie. "Mon mari est mort dans la souffrance, il ne le méritait pas..."

Le matin de son décès, il a réussi à dire "Faut que ça s'arrête, je veux mourir". Ce que les médecins ont fait subir à mon mari est injuste […]

Fin de vie. "Mon mari est mort dans la souffrance, il ne le méritait pas..."
 
Mon mari est décédé des suites d'un cancer de l’œsophage (métastasé et généralisé vers la fin) le 23 juin. Il est mort à notre domicile, car après avoir passé quelques jours à l'hôpital, et n'y ayant pas apprécié le confort, il souhaitait vivre ses dernières semaines et instants, dans notre maison, dans notre lit et tout près de moi.
Il est mort un jeudi, en début d'après-midi. Le dimanche précédent il avait eu encore un peu de force pour rédiger, en ma présence, celle des enfants, et avec une infirmière comme témoin signataire, ses directives anticipées.

Notre médecin généraliste, avait entendu aussi sa demande, à plusieurs de ses visites. Ce même médecin nous avait fait adhérer à Resopalid81, réseau de soins palliatifs, afin d'avoir un meilleur contrôle des produits perfusés.
On lui avait installé une pompe à morphine environ dix jours avant son décès car les autres modes d'administration à base de Fentanyl ne le soulageaient plus.

Son décès approchant, les dosages étaient augmentés car il avait très mal. La veille de son décès, en voyant qu'il souffrait j'ai demandé à ce qu'il soit sédaté avec un produit de sédation. On m'a dit que, à cause de la perfusion au Valium, des anesthésiques ne pouvaient pas être introduits, car cela pourrait entraîner la mort! Que la morphine et le Valium arrivaient normalement à mettre la personne en état de sédation. Ils ont augmenté avec prudence la dose de Valium le matin même de son décès. Mon mari souffrait encore. Mon mari, depuis deux jours criait : "Vite, vite, que la mort arrive." Le matin de son décès, alors qu'il pouvait à peine parler, il a réussi à dire "Faut que ça s'arrête, je veux mourir".

J'ai demandé aux docteurs de rajouter encore quelque chose. Ils lui ont perfusé un neuroleptique, il a dormi trois quarts d'heure, d'une respiration laborieuse. Il s'est réveillé pour mourir, dans mes bras, sans docteurs, dans la souffrance, alors que je lui disais, qu'il devait se laisser aller, que le l'aimais, mais qu'il pouvait partir, qu'il pouvait le faire, qu'il pouvait arrêter son cœur. Et c'est comme ça que s'est arrivé. Il a agonisé pendant dix longues minutes, réveillé, péniblement, jusqu'à ce que son cœur s'arrête, j'ai vu ses lèvres devenir bleues.

Ce n'est pas la maladie et la mort qui sont injustes, parce que se sont des choses qui font partie de la vie depuis la nuit des temps, elles sont affreusement tristes, surtout quand elles touchent une personne aimée. Ce qui est injuste ce sont les actes des hommes. Et ce que les médecins ont fait subir à mon mari, est injuste.

J'aurais dû venir vers vous pendant la maladie de mon mari, je n'y ait pas pensé. Je me dis que vous auriez peut-être pu intervenir. Étrangement, ça me soulagerait de penser que vous auriez pu faire quelque chose. Peut-être parce que ainsi je saurais que vous arrivez à soulager d'autres personnes qui sont au stade terminal d'une maladie douloureuse.

Mon mari avait 51 ans, il est mort dans la souffrance. Il était bon et il ne le méritait pas.

J'aimerais aussi adhérer à votre association à la mémoire de mon mari.

Ester Gallart, veuve Claeys
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