Le Vendredi 16 juin 2017 - 09:53

Intolérable injustice entre ceux qui peuvent choisir leur fin de vie, et les autres...

Fin de vie. Ne devrions-nous pas tous avoir la possibilité de choisir l'aide active à mourir ? […]

ADMD

 

L'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, association de près de 70 000 adhérents à ce jour, milite depuis les années 1980 pour qu'une loi permette à chacun de choisir les conditions de sa propre fin de vie : respect des directives anticipées, primauté de la parole de la personne de confiance, légalisation de l'euthanasie et du suicide assisté, accès universel aux soins palliatifs, respect de ceux qui veulent aller au bout d'un parcours de soins sans risque d'être débranchés pour « libérer des lits »...

Dans notre République – quels qu'en soient ses défauts – seule la loi est en mesure de garantir l'égalité de tous et d'ouvrir le champ des possibles. Et parce qu'une telle loi tarde à venir, nous voyons nos proches partir quelquefois dans des conditions dramatiques. A l'ADMD, nous ne connaissons que trop ces épreuves dont peu sortent indemnes, tant l'emprise des soignants sur nos corps est souvent démesurément importante.

Bien sûr, pour quelques uns, les solutions existent. Saisie à temps, l'ADMD ne laisse de côté aucun de ses adhérents. Mais l'absence de règles dans cette triste matière fait que chacun n'a pas les mêmes chances. Il y a ceux qui ont les moyens financiers de partir en Suisse et qui peuvent encore se déplacer. Il y a ceux qui ont la possibilité, parce que frontaliers, d'être suivis par des médecins en Belgique et donc de bénéficier le moment venu de la loi belge. Il y ceux qui, issus du corps médical ou du corps vétérinaire, trouvent des arrangements.

Et puis il y les autres... Ceux qui se jettent d'une falaise, comme notre amie Marie-Véronique. Ceux qui se jettent de leur appartement du 9e étage, comme notre amie Annie. Ceux qui se tirent une balle dans la tête ou se pendent ou se noient. Il y a aussi tous ceux qui se ratent. Ceux qui ne savent pas s'y prendre. Ceux qui cherchent à s'étouffer avec un sac plastique mais ne parviennent qu'à se provoquer des séquelles. Ceux qui se procurent des pilules fabriquées en Chine et se réveillent à l'hôpital paralysés ou avec le foie ou les reins détruits. Ceux qui croient aux promesses de charlatans...

Seule une loi de liberté pour tous, humaine et respectueuse de chacun, permettra, comme dans les pays du Benelux dont certains ont légiféré depuis plus de 15 ans, de faire de la fin de vie, non pas une fête – la mort, ne serait-ce qu'à cause du vide qu'elle laisse pour les proches, est toujours une tristesse – mais un moment serein car préparé et anticipé, et non subi jusqu'aux derniers outrages de la maladie.

L'impatience des uns, leur propre intérêt individuel – bien compréhensible, néanmoins, en l'espèce – ne doivent pas empêcher ceux qui œuvrent dans l'intérêt de tous de parvenir à convaincre – enfin ! – le législateur de légiférer en faveur d'une véritable loi d'Ultime Liberté. Et il y a urgence...

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