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Pourquoi refuser le droit à l'euthanasie pousse les personnes (âgées) à se suicider de manière violente...

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Communiqué
14 mars 2017
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Se battre ? Se battre pour revivre, parfois. Se battre pour survivre, souvent...

Mais si les traitements sont inefficaces, que faire pour éviter de sombrer dans une forme de déchéance, dans la dépendance, dans la tragédie ? La mort est alors envisagée comme un échappatoire acceptable, voire souhaitable, pour mettre un terme aux souffrances liées à la maladie et, parfois, aux traitements trop invasifs.

S'il existait une autre possibilité, autrement que cette fin de vie envisagée dans une forme de dépendance, voire d'indignité, dans l'attente que la maladie retienne le dernier souffle, beaucoup de personnes auraient alors la capacité de subir de lourds traitements. Mais si l'assistance médicale à mourir dans la dignité n'existe pas, comment échapper à ce que les créateurs de l'ADMD ont appelé le destin de grabataire ? Par le suicide... Et le suicide est souvent violent, faute de moyens : la défenestration, le suicide par arme à feu, la pendaison, le saut du haut d'un pont...

Dans les pays du Benelux, où la loi sur la fin de vie permet l'euthanasie, ce phénomène de la « porte de sortie » a été étudié. Une personne malade aura d'autant plus de forces pour affronter la maladie et les traitements qu'elle pourra, à tout moment, dire « Stop ! », « J'arrête ! » et bénéficier d'une aide active à mourir. Rapide, digne, respectueuse...

En France, où la loi sur la fin de vie ignore superbement l'humanité des hommes et des femmes arrivés à la fin de leur vie, la seule porte de sortie qui existe c'est le suicide, violent, parfois raté mais qui laisse des séquelles épouvantables ou qui conduit à l'internement psychiatrique, très souvent traumatisant pour les proches qui restent avec des interrogations et un sentiment inapaisable de culpabilité.

Mesdames et messieurs les législateurs, légaliser l'aide active à mourir réduit le nombre des suicides des personnes âgées.