Le Mardi 18 juin 2019 - 18:35

"Pourquoi la France n'arrive-t-elle pas à légiférer sur la fin de vie ?!"

"J'ai rejoint l'ADMD en 2019..." […]

ADMD

J’ai pris conscience de la difficulté des derniers moments de la vie lors de l’agonie d’un cousin de mon père que j’adorais, malade d’un cancer de la peau. Il est décédé à l’hôpital avant 60 ans. J’en avais 22. Aller le voir se dégrader physiquement, souffrir, puis délirer dans les derniers jours fut très difficile pour moi.
On peut même parler de traumatisme… Me mettant à sa place, je n’ai pas compris, à l’époque, qu’il ne soit pas possible de choisir de mourir plus facilement.

Il y a 3 ans, mon beau-frère atteint d’un cancer, devenu généralisé, a choisi de mourir chez lui. Il avait 61 ans. Il vivait seul alors, divorcé. Son seul accompagnant était mon neveu, 20 ans.
J’ai décidé de l’accompagner, moi aussi. Chaque matin de son martyre, je me rendais chez lui. J’en repartais le soir, vers 21 heures.
Heureusement, une ex-compagne aimante est venue habiter chez lui les 15 derniers jours, et, surtout, les 15 dernières nuits.
Cet accompagnement a été un moment crucial de ma vie. J’aimais cet homme. Le voir vivre ses derniers jours comme un cadavre encore vivant fût un supplice, tellement chaque jour je souhaitais qu’il se soit endormi définitivement dans sa nuit…

L’année dernière, je suis allé en Bretagne voir ma cousine chérie à l’hôpital, où elle était « soignée » pour un cancer. Il faisait très chaud. Elle était d’une maigreur cadavérique, elle aussi, les jambes repliées sur son lit de souffrance.
M’a-t-elle entendu quand je lui ai parlé ? A-t-elle senti le baiser que j’ai déposé sur son front ? Elle est décédée la nuit suivante.
L’équipe « soignante » a écouté ses enfants quand ils lui ont demandé d’abréger sa souffrance…

Voilà très exactement les raisons qui m’ont fait adhérer à l’ADMD.
Je ne comprends pas cette société « évoluée » où tout existe pour éviter aux êtres humains de souffrir ainsi avant le repos éternel. A quoi, à qui, sert cette épreuve ?

Pourquoi d’autres pays ont-ils correctement légiféré sur la fin de vie, et pas la France, pays de référence s’il en est ?
En quoi cette mort sans souffrance traumatiserait-elle ceux qui nous aiment ?

Le film « Quelques heures de printemps » de Stéphane Brizé, admirablement interprété par Vincent Lindon et Hélène Vincent narre une fin de vie « humaine ».
Je l’ai évidemment regardé en salle quand il est sorti.
Mais cette fin de vie n’est pas possible en France…

Pascal Quenechdu

- À DÉCOUVRIR -
Fin de vie : "J’ai adhéré à l'ADMD très récemment pour me tranquilliser."

Témoignage de Lydie Leroy qui a rejoint notre association en 2019.

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