Le Lundi 9 janvier 2017 - 11:00

"J’ai voulu aider mon fils lourdement handicapé à partir."

Lourdement handicapé, Kevin (23 ans) est décédé après d’atroces souffrances. Sa maman, a réclamé son euthanasie des mois durant, en vain […]

Euthanasie et handicap: «J’ai voulu aider mon fils à partir»

Le Soir Mag

Le fils de Chantal Chabot est né grand prématuré. L’acharnement thérapeutique du corps médical va transformer sa vie. Elle nous explique : « J’ai accouché à Saint-Trond. On m’a fait une césarienne en urgence à six mois de grossesse. Kevin était complètement cyanosé à la naissance. Ça n’allait pas du tout ». Les médecins vont alors tout faire pour réanimer l’enfant, avant de le transférer au centre néonatal de la clinique Saint-Vincent, à Rocourt. « J’ai pu voir Kevin après quelques jours seulement. Il avait fait une hémorragie cérébrale en couveuse. Le sang s’était répandu dans tout le cerveau. L’équipe médicale nous a prévenus que les séquelles seraient graves et irréversibles. » Retenu à la vie par un appareil respiratoire, en accord avec Chantal, la machine est débranchée.
Mais, contre toute attente, Kevin va continuer à respirer seul. « À partir de ce jour-là, j’ai fait le deuil de beaucoup de choses. Je savais que Kevin ne parlerait pas, qu’il ne marcherait pas. Cela a été un vrai parcours du combattant. Son père n’a pas assumé, il m’a quittée. Je me suis retrouvée seule. À part ma mère, je n’avais personne, mais je me suis accrochée. Mon fils avait décidé de vivre et je l’ai accepté. Je lui ai donné tout l’amour que j’ai pu lui donner. On a tissé des liens magnifiques et j’ai une certitude : avant de commencer à souffrir, il a vraiment été heureux. »

Un état qui se dégrade

Kevin grandissant, il devient cependant compliqué pour Chantal de le garder à la maison. « Après les premières années, il a fallu que je reprenne le travail. J’habite Hélécine et j’ai fini par trouver un emploi chez bpost, à Bruxelles. Mais, je n’avais plus personne en relais pour Kevin. Ma mère est décédée tragiquement dans un accident de voiture. » Chantal décide donc de placer son fils dans un institut de jour, d’abord à l’Oiseau Bleu, ensuite au Château Vert, à Huy. « Kevin y était super-bien, mais quand il a eu 18 ans, il n’a plus pu rester. J’ai dû trouver un centre pour adultes ». Après en avoir visité plusieurs, le choix de Chantal se porte sur le Village nº1 Reine Fabiola, à Braine l’Alleud. « Dès que Kevin est arrivé là, son état général a commencé à se dégrader. Lorsque je le récupérais en fin de semaine, il ne souriait plus, il s’alimentait moins. Rapidement, je ne l’ai plus reconnu. » Chantal interpelle alors le corps médical qui évoque un possible mal-être passager. « On m’a suggéré de lui donner des antidépresseurs, qu’on ne lui a jamais fournis d’ailleurs, mais je savais que ce n’était pas cela. Une mère a de l’instinct. »

Des difficultés respiratoires, un manque de ventilation pulmonaire, une ostéoporose déformante, une scoliose à 96 degrés, une pompe interne relié à la colonne vertébrale pour décontracter les muscles, des fausses routes fréquentes au niveau de la déglutition, les intestins qui remontent dans la cage thoracique, des plaies ouvertes aux niveaux des contacts, une œsophagite et un poids squelettique de 22 kilos, Chantal voit son fils évoluer dans d’atroces souffrances. « Je me suis vite rendu compte que l’enfer n’était pas pire que ce qu’il était en train d’endurer. »

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