L'Italie ouvre le débat sur l'aide active à mourir […]

Le Mercredi 15 décembre 2021 - 11:32

ADMD

La Chambre des députés a entamé lundi 13 décembre la discussion d'une proposition de loi intitulée « Dispositions relatives à la mort volontaire médicalement assistée ». L'examen du texte reprendra début 2022 après l'élection du nouveau président de la République.

Comme tous les sujets éthiquement sensibles, la question du suicide assisté est très clivante. D'autant plus, en Italie, un pays à forte tradition catholique. Le climat était donc assez tendu et l'hémicycle n'était pas au grand complet, alors que l'ouverture du débat marque un tournant pour l'Italie. C'est la première fois que la Chambre des députés examine un projet de loi autorisant, sous certaines conditions, la mort volontaire par auto-administration d'une substance létale.

En fait, le texte est largement calqué sur les décisions de la Cour constitutionnelle qui a partiellement dépénalisé le suicide assisté en 2019. Selon la sentence de la Cour, l'aide au suicide ne peut concerner que des patients adultes, maintenus en vie par des traitements artificiels ou atteints d'une pathologie irréversible, source de souffrances physiques ou psychologiques jugées insupportable, mais capables de prendre des décisions libres et conscientes.

Suite aux amendements validés par les commissions conjointes de la Justice et des Affaires sociales, le  projet de loi durcit certaines conditions. Par exemple, les patients devront à la fois être atteints d'une pathologie irréversible et maintenus en vie par des traitements artificiels. Ce qui signifie que des malades, comme des cancéreux en phase terminale, mais sans traitement de maintien en vie, en sont exclus. En outre, la proposition de loi introduit l'objection de conscience pour le personnel médical qui refuse l'aide au suicide. Or dans certaines régions 95 % des médecins invoquent la clause de conscience pour ne pas pratiquer d'interruption volontaire de grossesse.

Les points de désaccords

Pour les députés de la gauche radicale, le texte, tel que présenté, a un caractère discriminatoire intolérable. Pour les députés de droite et d'extrême droite, les plus hostiles à toute mesure anticipant la fin de vie, l'article qui introduit la rétroactivité de l'exclusion de sanctions pénales, pour des personnes impliquées dans l'aide médicale au suicide, présente de grands dangers.  

En synthèse, pour tous les partis le projet de loi doit être rééquilibré. Reste à voir si un compromis pour aboutir à l'adoption du texte par la Chambre des députés, puis par le Sénat, pourra être trouvé grâce à des amendements. Ou si la loi ne pourra pas être entérinée, alors que selon les derniers sondages 53 % des Italiens attendent une loi encadrant le suicide médicalement assisté.

Le site de RFI

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