Le Jeudi 22 mars 2018 - 20:05

Fin de vie : deux lois valent mieux qu’une - Libération

En plus de la loi Claeys-Leonetti, pourquoi ne pas légaliser également l'aide médicale active à mourir ? Et officialiser la mort réclamée […]

ADMD

 

La Société française d’accompagnement palliatif (Sfap) a poussé un cri d’alarme contre les 156 députés qui ont envisagé de légaliser l’aide médicale active à mourir («Défier la mort est plus facile de loin que de près», le Monde du 10 mars). Ces députés avaient proposé de franchir les frontières de l’interdit de tuer que la loi Claeys-Leonetti 2016 respecte scrupuleusement. A suivre ces débats, n’est-il pas temps d’imaginer deux lois plutôt qu’une ? Une loi sur la fin de vie qui est celle en place, et une autre pour légaliser l’aide médicale active à mourir comme le réclament des pétitions, des manifestes et des associations citoyennes. D’autant que les Français ont en tête des affaires récentes qui les ont souvent émus.

Récemment, l’histoire de la romancière Anne Bert, qui était atteinte d’une maladie de Charcot, euthanasiée en Belgique en octobre. Le cas bien connu de Vincent Lambert, qui vit artificiellement au CHU de Reims depuis 2008. Encore plus proche de nous, le très difficile cas d’Ines, 15 ans, qui survit elle aussi artificiellement au CHU de Nancy depuis 2017. D’autres affaires troublent l’hôpital français, toutes indiquent que les Français ne savent plus si l’on meurt trop vite ou trop lentement dans leur pays, au point que des accusations tous azimuts dénoncent des accompagnements soupçonnés actifs, alors qu’à d’autres moments, ce sont les lenteurs de la mort qui traîne qui incitent à se situer en amont de la fin de vie pour mourir.

Sondages

Que répondre à ces désespérés ? Contrôler les douleurs ne leur suffit pas et ces techniques ne répondent pas à ceux qui situent leur mort avant leur fin de la vie. Les mêmes soulignent les efforts qu’ils ont accomplis jusqu’alors pour préserver leur dignité face à la maladie et les handicaps qui évoluent. Or, c’est de dignité dont ils parlent encore en disant vouloir choisir le moment et la manière de mourir.

Les Français l’ont bien compris. Une foule de sondages les disent favorables à l’aide médicale active à mourir. Ce qui conduit à concevoir deux lois plutôt qu’une. Donc une loi pour l’exception d’euthanasie et de suicide assisté distincte de celle de 2016 sur la fin de vie des Français. Il est temps de penser l’accompagnement vers la mort en fonction de la combinaison de deux lois, plutôt que de s’en tenir à une seule qui ne parvient pas à répondre à toutes les situations qui la sollicitent. Seul un autre texte de loi, en plus de celui qui existe déjà, parviendra à désencombrer les soins palliatifs des lourdes questions morales dont ils disent qu’elles freinent leur exercice clinique.

Culture palliative

La vive réaction de la Sfap à la proposition de loi des 156 députés l’indique. D’un côté, il convient de s’en tenir à la législation en place sur l’accompagnement palliatif des fins de vie en ne touchant pas à la loi Claeys-Leonetti, qui est seulement en train de se mettre en place, et d’un autre côté, il faut légaliser les exceptions d’euthanasie ou de suicide assisté avec une loi sur l’aide médicale active à mourir, distincte de celle déjà en place sur la fin de vie.

Cette solution résout les nombreux problèmes que rencontre la culture palliative, en faisant que la mort réclamée ne nécessite plus de passer les frontières pour être légale. En marge de l’actuelle loi sur la fin de vie, admettons qu’il y a de la place pour écrire la loi de l’aide médicale à mourir, qui légalise l’euthanasie et le suicide assisté.

Le site de Libération

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