Les Français et l’euthanasie
Méthodologie
Ce document présente les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l’enquête par sondage. Les enseignements qu’elle indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Les principaux enseignements
Notre sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche fait le point sur l’acception de l’euthanasie par la population française, alors qu’une proposition de loi a été déposée par un groupe de sénateurs de l’opposition le 13 octobre dernier :
- Les Français approuvent quasi unanimement une législation qui permettrait l’euthanasie (94%) et cette adhésion augmente nettement par rapport à 2001 (+6 points). Pour autant, l’acceptation de l’euthanasie est soumise, pour une majorité des personnes interrogées, à des restrictions, puisque 58% d’entre elles estiment que la loi devrait permettre l’euthanasie mais seulement « dans certains cas ». Néanmoins, plus d’un tiers des Français (36%), jugent que l’euthanasie devrait s’appliquer à toutes les personnes atteintes de maladies insupportables et incurables.
Par rapport à 2001, c’est la vision restrictive de l’euthanasie qui gagne du terrain (+8 points), tandis que la proportion de Français favorables à une euthanasie moins encadrée recule légèrement (-2 points). Ainsi, l’opinion apparaît plus favorable à l’euthanasie qu’au début de la décennie, mais dans un cadre plus réglementé qu’auparavant.
- Des différences se font jour selon les catégories de population sur cette question, surtout en fonction de la religion des personnes interrogées, les caractéristiques sociodémographiques ayant un pouvoir explicatif plus restreint. Notons cependant que les plus jeunes apparaissent plus opposés à l’euthanasie : bien qu’ils se montrent très favorables à une loi dans ce sens, 11% des Français âgés de 18 à 24 ans se déclarent opposés à une loi (contre 6% en moyenne), ce qui s’explique sans doute par une plus faible proximité de cette classe d’âge avec les enjeux de la gestion de la fin de vie. Les habitants de l’agglomération parisienne (11%) refusent également plus largement une loi légalisant l’euthanasie. A l’inverse, les employés (43%) et les ouvriers (45%) se montrent, plus que la moyenne (36%), favorables à une loi concernant toutes les personnes atteintes de maladies douloureuses et incurables.
- L’appartenance religieuse influe largement sur l’adhésion à une loi en faveur de l’euthanasie. Ainsi, celle-ci se révèle acceptée plus facilement par les personnes se déclarant sans religion (43% acceptant l’euthanasie dans tous les cas, contre 36% en moyenne). A l’inverse, le refus de cette mesure culmine parmi les musulmans (42% contre 6% en moyenne). Dans une moindre mesure, l’euthanasie suscite également davantage d’opposition chez les catholiques pratiquants, même si ceux-ci demeurent majoritairement favorables à une loi, mais dans aux conditions encadrées. 17% des catholiques pratiquants refusent totalement une législation (contre 6% en moyenne), les deux tiers (68%) acceptent une législation prévoyant l’euthanasie dans « certains cas » et seuls 14% l’acceptent dans tous les cas (contre 36% en moyenne).
- En revanche, la proximité politique joue peu. Toutefois, les sympathisants de l’UMP apparaissent plus défavorables que la moyenne à une législation qui permettrait l’euthanasie dans tous les cas de maladies incurables (29% contre 36% en moyenne) alors que les sympathisants du FN s’y montrent très majoritairement favorables (63%). L’opinion des sympathisants de gauche ne diffère pas significativement de celle de l’ensemble de la population française.
Les résultats de l’étude
Question :
L’approbation de l’euthanasie
Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ?

L’approbation de l’euthanasie
Certaines personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c’est-à-dire qu’on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait-elle autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie de ces personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ?
