Un médecin peut-il être la personne de confiance d’un – ou plusieurs- de ses patients ? Cela implique quoi pour le médecin ?
Si le médecin connaît bien le patient et si la demande d’être la personne de confiance est en accord avec son éthique professionnelle : oui, un médecin généraliste ou spécialiste (quelle que soit la spécialité) peut être l’une des personnes de confiance d’un ou plusieurs de ses patients.
Cela signifie qu’il accepte d’être le dépositaire des « dernières volontés » de son patient et si ce dernier est hospitalisé, d’être un interlocuteur privilégié auprès de l’équipe soignante afin de transmettre les directives anticipées.
Dans tous les cas, le médecin doit alors accompagner le patient et sa famille jusqu’à la fin.
” Accompagner ” demande beaucoup de temps et d’énergie (entretiens avec tous les interlocuteurs, démarches, organisation des soins, etc…). Aussi un médecin en activité ne peut pas être la personne de confiance de nombreux patients.
Dans tous les cas, le médecin doit alors :
s’assurer qu’il y a une autre personne de confiance et que le dossier de déclarations anticipées est à jour (signature valable pour 3 ans),
évaluer l’attitude des proches,
témoigner de la volonté du patient à toute structure en charge du patient en fin de vie et s’assurer que la loi Leonetti est appliquée.
Que faire des déclarations anticipées qu’un patient vous présente ?
Si vous acceptez d’être l’une des personnes de confiance, il convient de vérifier qu’elles sont correctement rédigées puis de les conserver dans le dossier médical du patient.
S’il y a lieu, il faudra informer de leur existence les médecins responsables du traitement de ce patient si celui-ci est hospitalisé.
La famille proche d’un patient très malade me demande d’ «agir» lorsque le moment sera venu : que répondre et comment répondre ?
Il est bien évident que chacun ne peut apporter qu’une réponse personnelle.
Il importe d’ouvrir le dialogue avec le patient et sa famille afin de les écouter, les entendre et les rassurer. Le médecin peut expliquer la réglementation actuelle et le cadre légal, prendre le temps de les expliciter, en insistant notamment sur le fait que les souffrances physiques et psychiques seront efficacement soulagées, ce qui peut suffire parfois à rassurer.
Il faut également valider que le document « Déclarations anticipées » a été correctement rempli et qu’il est complet.
Enfin il convient de s’engager à s’assurer que, le moment venu, la déclaration anticipée sera portée à la connaissance des médecins traitants et que les dispositions de la Loi Léonetti seront respectées.
Une patiente en fin de vie m’a parlé de ses volontés mais n’a pas évoqué le sujet avec l’une de ses 2 filles qui ne veut pas entendre parler de mort anticipée. Comment puis-je la conseiller utilement ?
Problème extrêmement complexe auquel on ne peut donner de réponse univoque… En cas de « conflit familial » concernant la fin de vie, si celui-ci n’a pas été abordé et « neutralisé » bien en amont, il est à craindre que la situation ne soit difficile à résoudre.
Cela confirme l’importance du choix de la personne de confiance hors du milieu familial, des directives anticipées rédigées bien à l’avance, mises à jour tous les 3 ans, de leurs enregistrement dans le fichier de l’ADMD, et surtout du dépôt de ces directives à qui de droit au moment de l’hospitalisation afin qu’elles figurent dans le dossier du patient.
Dans tous les cas, la fille réticente doit être informée des volontés écrites de sa mère. On peut conseiller à cette dernière de demander à une personne de leur entourage commun (parent, ami) d’évoquer ce sujet. La parole de ce proche, moins chargée émotionnellement et affectivement, pourra ainsi être mieux entendue et acceptée.