|
|
| Accueil ADMD > Etranger > Revue de presse - USA |
|
| Ce qui se passe aux Etats Unis |
| |
USA - Euthansasie : Dr Death", apôtre de l'euthanasie, libéré
Surnommé "Dr Death", Jack Kevorkian, médecin américain qui a procédé à des dizaines de suicides assistés dans les années 1990 avant d'être incarcéré, a été libéré. (Récit : A. Percept)
COLDWATER (Etats-Unis), 1 juin 2007 (AFP) - Le défenseur du droit à l'euthanasie Jack Kevorkian, incarcéré depuis huit ans dans le Michigan (nord) à la suite d'une condamnation pour le meurtre d'un jeune homme dont le suicide assisté avait été filmé et diffusé à la télévision, a été libéré vendredi.
"C'est merveilleux" d'être libre, "c'est un des plus grands moments de la vie", a dit à des journalistes M. Kevorkian, en sortant de la prison de Coldwater.
A 79 ans, M. Kevorkian, surnommé "Dr Death" (docteur la mort), entend continuer son combat, mais en toute légalité pour ne pas à avoir à retourner en prison.
Ce pathologiste, qui affirme avoir aidé à mourir pas moins de 130 personnes, sera sous le coup d'une mise à l'épreuve pendant deux ans pendant lesquels il lui sera interdit de donner des conseils à des personnes tentées par le suicide et ses discours publics seront étroitement surveillés. "Nous pourrons aussi le suivre via Google", a prévenu un porte-parole des services de l'application des peines du Michigan, Russ Marlan.
L'euthanasie "doit être légalisée. Je travaillerai dans ce but mais je n'enfreindrai pas la loi", a récemment déclaré Jack Kevorkian à la chaîne de télévision Fox2 News à Detroit.
Dans les années 1990, Jack Kevorkian avait forcé les Etats-Unis à faire face aux problèmes éthiques posés par des patients en fin de vie en rendant publics ses conseils sur comment se suicider et en diffusant des vidéos de personnes le suppliant de les aider à mourir.
Le désespoir de ces dizaines de personnes, qui avaient fait le voyage jusque dans le Michigan pour s'en remettre à la "machine à suicide" du docteur Kevorkian, avait fait avancer l'idée du droit à mourir dans la dignité dans une partie de la population.
Le pathologiste avait fourni à des personnes souhaitant mettre fin à leur vie une machine délivrant des produits à s'injecter en intraveineuse ou des gaz à respirer sous un masque.
Ces pratiques et la publicité qu'en faisait le Dr Kevorkian avaient créé des polémiques et aussi braqué contre lui même des défenseurs de l'euthanasie, qui estimaient que ce n'était pas la bonne manière de faire avancer leur cause.
"Il est l'équivalent d'un docteur pratiquant l'avortement dans la clandestinité", a déclaré Steve Hopcraft, un lobbyiste californien travaillant en faveur d'une loi sur le suicide médicalement assisté qui doit être soumise au vote dans cet Etat dès la semaine prochaine.
M. Kevorkian s'était notamment filmé en train d'administrer des produits mortels à Thomas Youk et avait envoyé la vidéo à la chaîne CBS, ce qui l'avait conduit à être condamné pour meurtre le 14 avril 1999.
Depuis, seul l'Etat de l'Oregon (nord-ouest) a passé une loi en 1997 autorisant le suicide médicalement assisté.
Près de 300 personnes ont ainsi été euthanasiées dans cet Etat en prenant des doses mortelles de produits prescrits par leurs médecins.
Et si d'autres propositions de loi ont été rejetées dans d'autres Etats, un rapport du Pew Research Center de 2006 montre que les Américains sont partagés sur la question.
Si 84% d'entre eux pensent que les patients devraient avoir le droit de refuser un traitement pour les maintenir en vie, l'opinion est plus divisée (45% et 46%) sur le droit des médecins à aider leurs patients à mourir.
|
Vendredi, 1er juin 2007
- Source France 24.com
|
|
Etats-Unis : porte ouverte au suicide médicalement assisté
PAR SIX VOIX contre trois (celles des trois juges les plus conservateurs, dont le nouveau président John Roberts), la Cour suprême américaine a mis fin à la guerre menée depuis 1997 par les Républicains et des groupes religieux contre la loi Mourir dans la dignité de cet Etat du Nord-Ouest américain.
Dans son arrêt, la plus haute instance judiciaire américaine juge que l’Attorney General (ministre de la Justice) ne peut s’appuyer sur le droit fédéral pour interdire à des médecins de prescrire des doses mortelles de médicaments à des patients : la directive de 2001, selon laquelle la prescription de «substances réglementées» aux fins d’euthanasie ne relevait pas d’une «pratique médicale légitime», est jugée illégale. «C’est réellement un arrêt très important, confirmant les droits des patients en phase terminale de contrôler leurs soins de fin de vie», a déclaré Robert Kenneth, porte-parole de l’association Mourir dans la dignité. La Cour suprême ne se prononce pas sur le droit de l’ensemble des Américains à avoir recours à l’euthanasie. Mais, en validant la loi de l’Oregon, elle ouvre la voie à l’adoption de l’euthanasie par d’autres Etats américains. Ce pourrait être bientôt le cas de la Californie et du Vermont.
«Cette affaire ne concerne pas strictement le droit de mourir (...) mais la possibilité ou non pour le gouvernement d’interférer dans les pratiques médicales, au nom de la loi (fédérale) sur les substances réglementées, explique Robert Kenneth. L’arrêt est rédigé de manière très restrictive, il n’évoque aucun droit constitutionnel à mourir.»
La loi Mourir dans la dignité encadre strictement l’euthanasie : deux médecins doivent témoigner que l’espérance de vie du patient, atteint d’une maladie incurable, est inférieure à six mois, que celui-ci a bien demandé cette procédure et que son choix est éclairé. Les services de santé de l’Oregon estiment qu’il s’agit moins d’euthanasie que de suicide assisté, car les substances létales sont ingérées par le patient lui-même et non injectées par les médecins. Entre 1998, quand les premiers suicides assistés ont été recensés en Oregon, et 2004, 208 patients ont eu recours à cette procédure.
Le débat sur l’euthanasie aux Etats-Unis avait rebondi en mars 2005 autour de Terri Schiavo, dont les parents avaient lutté contre le débranchement de ses tubes d’alimentation, alors que son époux y était favorable. La mobilisation des mouvements chrétiens et conservateurs avait été telle que le Congrès avait voté une loi spéciale, permettant à la famille de soumettre le cas à la justice fédérale, qui avait finalement rejeté le recours des parents. «Nous sommes déçus», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan. «Le président reste pleinement engagé à promouvoir une culture de la vie, fondée sur la valorisation de la vie à tous les niveaux», a-t-il ajouté.
20 janvier 2006 - Quotidien du médecin
|
|
Des Américains auront le droit de mourir malgré Bush
La Cour suprême a donné tort hier à l’Administration Bush qui voulait mettre fin à une loi de l’Etat de l’Oregon autorisant l’euthanasie pour des malades en phase terminale.
George Bush ne veut pas que l'on touche à la mort aux Etats-Unis. Son administration avait saisi la Cour suprême pour tenter de faire bloquer une loi de l'Orégon, seul Etat à autoriser l'euthanasie pour les malades en phase terminale.
Hier à Washington, la Cour a, par six voix contre trois, désavoué le président et son entourage. Les juges ont estimé que la Maison-Blanche n'avait pas le droit de se mêler de ce qui ne la regardait pas, la décision d'autoriser l'euthanasie étant du ressort des Etats.
Les médecins de l'Oregon vont donc pouvoir continuer à aider les personnes atteintes de maladies incurables à mettre fin à leurs jours. «Avec la décision de la Cour suprême, les autorités ne peuvent légalement plus toucher à la loi, explique Robert Kenneth, responsable de la communication du Centre national pour le droit à mourir dans la dignité à Portland (Oregon). Mais en cette année d'élections parlementaires, les républicains pourraient décider de s'y attaquer au Congrès pour tenter de mobiliser leur base conservatrice. A moins que la réaction de la population dans l'affaire Schiavo l'année dernière, ne les en dissuade.»
En mars 2005, le droit à l'euthanasie avait donné lieu à une importante bataille politico-judiciaire au chevet de Terri Schiavo en Floride. Maintenue en vie artificiellement depuis quinze ans, la femme de 41 ans s'était retrouvée au centre d'une empoignade entre son mari – soutenu par les mouvements pro-euthanasie -, qui revendiquait le droit d'arrêter la machine de son épouse, et les parents de cette dernière - soutenus par la droite religieuse – qui s'y opposaient. George Bush était personnellement intervenu pour permettre aux parents de Terri de bloquer l'arrêt de la machine de leur fille avant que la justice ne le désavoue.
Diagnostic de deux médecins
Hier, Ron Wyden, sénateur démocrate de l'Oregon, a annoncé qu'il ferait tout pour que les parlementaires ne touchent pas à la loi de son Etat. Approuvé deux fois par les électeurs de l'Orégon, le texte intitulé «Loi pour mourir dans la dignité» est entré en vigueur 1997. A mi-2005, 208 personnes avaient eu recours à un suicide médicalement assisté. La procédure est stricte. Les patients doivent avoir une espérance de vie de moins six mois selon le diagnostic de deux médecins. Ils doivent être capables de discernement et confirmer leur requête par écrit quinze jours après avoir annoncé leur décision à leur docteur.
La loi ne s'applique qu'aux résidents de l'Oregon. A noter que les autorités de l'Etat n'exigent pas de durée de résidence minimale pour les malades qui ont recours à l'euthanasie. Robert Kenneth exclut pourtant tout risque de tourisme du suicide aux Etats-Unis. «Les statistiques montrent que les patients étaient en grande majorité des résidents permanents de l'Oregon, affirme-t-il. D'autre part la décision de la Cour suprême pourrait inciter d'autres Etats à faire passer des textes similaires.»
Deux projets de loi sont actuellement bloqués dans les parlements du Vermont et de Californie faute de soutien. Dans l'Etat du Maine, un texte similaire avait été défait de peu par les électeurs. Le climat semble cependant favorable aux partisans de l'euthanasie. Selon un récent sondage du Pew Research Center, sept Américains sur dix pensent que le suicide médicalement assisté devrait être autorisé dans certains cas de maladies incurables.
L’homme de Bush fidèle au poste
Le juge Roberts, récemment confirmé à la Cour suprême, a justifié les espoirs conservateurs placés en lui.
Dans l'affaire qui opposait hier l'Adminsitration Bush à l'Etat de l'Oregon, un vote
n'est pas passé inaperçu. John Roberts, juge choisi par George Bush et arrivé à la Cour suprême des Etats-Unis à fin 2005, a fait alliance avec les deux magistrats les plus conservateurs pour tenter de bloquer la loi de l'Oregon qui autorise le recours à l'euthanasie pour les malades en phase terminale. Présenté à la base conservatrice du président comme un homme qui défendrait les valeurs de la droite religieuse, Roberts a justifié les espoirs placés en lui par cette dernière.
L'alliance conservatrice au sein de la Cour Suprême devrait être renforcée ces prochaines semaines avec la confirmation de Samuel Alito, autre candidat conservateur choisi par Bush pour remplacer une juge progressiste modérée qui part à la retraite.
La Cour Suprême, instance qui a légalement le dernier mot aux Etats-Unis, se retouverait alors divisée en deux camps de force égale: quatre magistrats résolument conservateurs et quatre progressistes. Dans ce nouvel équilibre, le juge Anthony Kennedy, un conservateur modéré, aura une voix décisive. Hier, Kennedy s'est rangé aux côtés la «gauche» de la Cour et a soutenu le droit de l'Orégon d'autoriser le suicide médicalement assisté.
18 janvier 2006 - Tribune de Genève - jean-cosme delaloye -
|
|
En Oregon, le seul des Etats à avoir légalisé le suicide médicalement assisté
En 2004, 37 patients ont ingéré les médicaments prescrits dans le cadre de la loi de 1997;
années précédentes : 1998, 16; 1999, 27 et aussi en 2000; 21 en 2001; 38 en 2002 et 42 en 2003.
L'administration Bush, et de nombreux groupes religieux, tentent de faire abroger cette loi. La cour suprême doit statuer début 2006. Les juges doivent notamment décider si l'ancien ministre de la Justice, John Ashcroft, un ultra-conservateur très religieux, a outrepassé ses prérogatives en exigeant l’annulation de la loi en novembre 2002. Les commentateurs semblent s’attendre à ce quelle soit maintenue, ce qui ouvrirait la voie à la Californie pour adopter une loi analogue.
|
|
|
|
|