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Ce qui se passe en Italie
 

Une procédure a été ouverte à l'encontre du médecin de Piergiorgio Welby

Une procédure disciplinaire a été ouverte à l'encontre du médecin qui a débranché le respirateur de Piergiorgio Welby, un patient atteint de dystrophie musculaire dont le sort a ému l'Italie. Le président de l'Ordre des médecins de Crémone, où le praticien exerçait, l'a entendu durant environ 3 heures. Il n'a pas été précisé quel type de sanction encourait le médecin. Celui-ci avait accepté le 20 décembre de provoquer la mort de P.Welby sous sédation, comme ce dernier le réclamait depuis des mois. Ce décès provoqué a déclenché une violente polémique. L'Eglise catholique a refusé à Welby un enterrement religieux.

28/12/06 - Tsr.ch


L'Italien Piergiorgio Welby, qui réclamait le droit à mourir, est décédé

La lutte acharnée pour obtenir le droit de mourir l'a rendu célèbre en Italie et dans le reste du monde. Piergiorgio Welby est décédé dans la nuit du mercredi 20 au jeudi 21 décembre. Un médecin italien, Mario Riccio, a affirmé, jeudi, l'avoir aidé à mourir, en débranchant le respirateur artificiel qui le maintenait en vie. La veille, le Conseil supérieur de la santé italien avait estimé que le malade ne faisait pas l'objet d'un acharnement thérapeutique.

Son décès a été annoncée par la chaîne d'information en continue Sky TG24 et par Radio-Radicale, la station radio du Parti radical. "Piergiorgio Welby est mort cette nuit. Nous lui sommes tous reconnaissants pour ce qu'il a su concevoir et réaliser, et qui représentera, pour nous hommes et femmes aimant la vie, la liberté, la responsabilité, une source de force, d'amour et d'espoir" , a annoncé le leader du Parti radical, Marco Panella, visiblement ému.

DIFFÉRENCE ENTRE REFUS DES SOINS ET EUTHANASIE

Piergiorgio Welby, qui aurait eu 61 ans le 26 décembre, était atteint de dystrophie musculaire. Il était maintenu en vie depuis 1997 grâce à un respirateur et nourri par sonde, un traitement qu'il refusait depuis l'été dernier, lorsque son état de santé s'était brusquement aggravé. Il y a dix jours, ses avocats avaient demandé à la justice italienne de reconnaître son droit de refuser l'acharnement thérapeutique et d'autoriser le débranchement de son respirateur artificiel.

"Le traitement de Piergiorgio Welby, et en particulier le respirateur artificiel qui le maintient en vie, ne constitue pas un acharnement thérapeutique" , a estimé mercredi 19 décembre le Conseil supérieur de la santé, en réponse à une demande d'avis de la ministre de la santé, Livia Turco. Les experts du Conseil ont justifié leur avis en affirmant notamment qu'il n'était pas en danger de mort "imminent" .

La requête de PiergiorgioWelby avait obtenu le soutien du parquet de Rome, mais le juge a estimé que le recours était "irrecevable" , en raison d'un vide juridique en la matière.

Jeudi, l'un de ses avocats, Riccardo Maia, a estimé que le nom de Piergiorgio Welby "restera dans l'Histoire" , parce qu'il a permis de "faire la différence entre refus des soins et euthanasie". "Son combat a fait avancer le débat. Il y aura un héritage" , a-t-il déclaré. Lors de leur bataille judiciaire, les avocats avaient refusé de se placer sur le terrain de l'euthanasie, considérée comme un homicide en Italie. Ils s'étaient, en revanche, appuyés sur le droit de refuser un traitement, reconnu par la Constitution italienne.


21/12/06 - Le Monde avec AFP

Le parquet italien se range du côté du malade qui veut mourir

Le parquet a fait appel mardi de l'arrêt rendu samedi par un tribunal romain qui avait rejeté la demande de mourir d'un homme atteint d'une maladie en phase terminale et maintenu en vie par un respirateur artificiel.

Le cas de Piergiorgio Welby, un homme de 60 ans qui souffre d'une dystrophie musculaire à un stade avancé, divise profondément l'Italie où l'euthanasie n'est pas autorisée.

Welby ne peut quitter son lit mais il a conservé toute sa lucidité. Il s'exprime grâce à un ordinateur capable d'interpréter le mouvement de ses yeux.

Il est apparu plusieurs fois à la télévision et a écrit au président Giorgio Napolitano pour demander qu'on débranche le respirateur afin que "son corps torturé et brisé puisse trouver la paix".

Mais un tribunal de Rome a rejeté sa demande. Dans l'énoncé du jugement long de 15 pages, le tribunal indique que Welby a le droit de ne plus être assisté par un respirateur mais précise que ce droit n'est pas "protégé concrètement" par le système juridique italien.

Seule une initiative politique ou législative pourrait combler ce vide juridique et "apporter des réponses à la solitude et au désespoir des patients", indique le tribunal.

Welby a la possibilité de faire appel du jugement.

Mardi, le parquet a estimé que ce jugement était contradictoire et devrait être cassé.

Il se réfère à la Constitution italienne, qui déclare que personne ne peut être contraint de suivre un traitement médical.

Pour le parquet, les médecins doivent, selon leur code éthique, se borner à épargner aux malades en phase terminale des souffrances inutiles lorsque leur état n'est pas améliorable et que leur décès est inévitable.

En Italie, les médecins qui pratiquent l'euthanasie risquent jusqu'à 15 ans de prison.

Le cas Welby divise la coalition hétéroclite du président du conseil Romano Prodi, qui rassemble huit partis allant de la mouvance démocrate-chrétienne aux communistes.


19/12/06 - Reuters - L'express

La justice italienne juge irrecevable la requête d'un sexagénaire handicapé réclamant le droit de mourir

Un tribunal de Rome a jugé irrecevable samedi la requête d'un sexagénaire atteint de dystrophie musculaire, Piergiorgio Welby, qui réclame le droit de mourir. L'affaire a relancé le débat sur l'euthanasie en Italie.

La juge Angela Salvio a déploré un vide juridique dans la législation italienne sur cette question, plaidant pour que le Parlement s'en saisisse. Marco Cappato, membre du Parti radical qui milite pour le droit de mourir, a précisé que Welby et sa famille avaient été informés de la décision du juge. "Nous devrons décider comment agir pour protéger ses souhaits", a-t-il déclaré à la télévision publique, sans plus de précisions.

Le malade a demandé au président Giorgio Napolitano la légalisation en Italie de l'euthanasie. Atteint de dystrophie musculaire, une maladie génétique caractérisée par une faiblesse et une dégénérescence progressive des muscles contrôlant les mouvements du corps, Piergiorgio Welby ne peut pas marcher, se nourrir ou respirer de façon autonome.

Des veillées étaient organisées samedi soir en solidarité avec le sexagénaire dans une dizaine de villes italiennes, dont Rome où se sont rassemblées 200 personnes parmi lesquelles la soeur de M. Welby. Le maire de Rome Walter Veltroni a jugé impossible de ne pas "partager son drame, sa souffrance". Il est "fondamental" de régler les questions soulevées par la requête de M. Welby, a-t-il dit.

Confiné dans un lit, le malade est en permanence relié à un respirateur artificiel et communique par l'intermédiaire d'un synthétiseur vocal. Avec le temps, sa maladie a empiré et depuis quelques mois, il se nourrit par l'intermédiaire d'une sonde. Il demande que son respirateur soit débranché.

M. Welby, a expliqué la juge Salvio, a la droit de déterminer quel doit être son traitement. Mais dans le même temps, les médecins sont tenus de maintenir en vie leurs patients, a-t-elle expliqué. Ils ne peuvent "mettre en oeuvre des traitements destinés à entraîner la mort", même "à la requête du patient". Le médecin de M. Welby a ainsi expliqué devant le tribunal qu'il serait obligé de rebrancher le respirateur de son patient si quelqu'un le désactivait.

Le code pénal italien, a poursuivi la magistrate dans ses attendus, réprime "l'homicide d'une personne consentante et le fait d'aider quelqu'un à se suicider". En définitive, le droit de M. Welby à déterminer son traitement "n'est concrètement pas protégé" par les dispositions légales actuelles. "Seules des mesures politiques et législatives" donnant des "réponses à la solitude et au désespoir des malades" pourront "combler le vide juridique" sur cette question, a-t-elle fait valoir.

L'euthanasie est illégale en Italie, où l'église catholique reste influente. Le Vatican proscrit l'usage de procédés permettant d'anticiper ou de provoquer la mort, soulignant que la vie doit être préservée de son début jusqu'à sa fin "naturelle". L'euthanasie a été légalisée aux Pays-Bas en 2001, et en Belgique l'année suivante, sous des conditions strictes. AP

16/12/06 - AP - Nouvel Observateur

Euthanasie : la justice italienne se donne une semaine
Une juge a examiné mardi le cas de Piergiorgio Welby, cet Italien de 60 ans, maintenu en vie grâce à un respirateur, qui réclame le droit de mourir.
Refusant le terme d'euthanasie, ses avocats vont plaider le droit pour leur client d'arrêter les soins médicaux.

Piergiorgio Welby devra attendre pour être fixé sur son sort. La juge d'un tribunal de Rome, qui a examiné mardi lors d'une audience à huis clos le recours d'un Italien atteint de dystrophie musculaire qui réclame le droit de mourir, rendra sa décision d'ici une semaine. "La juge Angela Salvio a entendu les arguments et elle n'a pris aucune décision" , a déclaré Marco Cappato, député européen et secrétaire de l'association Coscioni qui soutient le combat de Piergiorgio Welby.

Il a estimé que la juge devait rendre sa décision "au maximum d'ici une semaine" , à l'issue de l'audience à la chambre civile d'un tribunal de Rome. Piergiorgio Welby, âgé de 60 ans et maintenu en vie depuis 1997 grâce à un respirateur, a reçu un appui de poids lundi lorsque le parquet de Rome a donné un avis favorable à sa demande d'arrêter la machine et de recevoir un traitement contre la douleur pour apaiser ses derniers instants.

Acharnement thérapeutique?

Le parquet a cependant rappelé "le droit discrétionnaire du médecin" de faire ce qu'il juge nécessaire pour sauver une vie alors que les avocats réclamaient dans leur recours qu'il s'abstienne d'intervenir après avoir débranché leur client. La justice italienne n'a pas le pouvoir d'interdire à un médecin de rebrancher le respirateur. Le médecin est en effet le seul à pouvoir apprécier, en vertu du code de déontologie de la profession, s'il se trouve ou non devant un cas d'acharnement thérapeutique, qui est interdit. Cette position a été exposée officiellement lors de l'audience de mardi. Carla Welby, la soeur de Piergiogio, présente au Tribunal, a affirmé "la détermination (de son frère, ndr) de poursuivre la bataille" , tout en estimant qu'une semaine était un délai "trop long" pour le malade.

Le cas de Piergiorgio Welby donne lieu à un débat virulent sur l'euthanasie dans la péninsule entre partisans d'une "mort douce" et opposants, ces derniers étant soutenus par l'Eglise catholique, encore très influente en Italie. Le malade avait lancé un premier appel pour réclamer le droit de mourir en septembre, dans une lettre ouverte au président de la République Giorgio Napolitano qui avait relancé le débat sur l'euthanasie dans la péninsule.

Il n'arrive plus à dormir

Dans sa lettre, il répondait aussi à l'Eglise catholique, qui est fermement opposée à l'euthanasie et insiste sur la mort "naturelle" de l'être humain, en posant la question : "Qu'y a-t-il de naturel dans un trou dans le ventre et dans la gorge?" . Piergiorgio Welby a dû subir une trachéotomie pour pouvoir respirer et il est nourri par sonde. Frappé il y a 27 ans par la maladie qui l'a progressivement fait passer du fauteuil roulant à une immobilisation totale, son état s'est fortement dégradé depuis l'été dernier et il n'arrive même plus à dormir, selon sa femme Mina.

D'après le médecin Piero Morino, responsable du département des soins palliatifs des hôpitaux de Florence, si la justice autorise le débranchement du respirateur de M. Welby, "la mort interviendra dans un délai compris entre deux heures et trois jours, en fonction des conditions générales du patient".


12/12/06 - LCI

Le débat sur l'euthanasie relancé

L'appel désespéré d'un Italien au président de la République pour lui réclamer le droit de mourir relance le débat sur l'euthanasie, toujours considérée comme un délit passible de prison dans la péninsule. Le président Giorgio Napolitano, à qui était adressée la requête de Piergiorgio Welby, a espéré samedi qu'un "débat ait lieu, dans les instances les plus qualifiées, car la seule attitude injustifiable serait le silence".

Atteint depuis 23 ans de dystrophie musculaire, Piergiorgio Welby, 60 ans, a décrit dans son appel une journée type de sa vie, rythmée par "l'alerte du ventilateur pulmonaire" ou "l'attente d'un comprimé" pour "s'endormir (...) avec l'espoir de ne pas (se) réveiller le lendemain matin". Il raconte aussi qu'il parvient tout juste, deux fois par jour, à "rester assis" quelques instants avec l'aide de son épouse et d'un infirmier.

"Pas de pitié"

L'appel a pris la forme d'une vidéo diffusée sur une chaîne publique vendredi soir, dans laquelle Piergiorgio Welby apparaît immobilisé sur son lit, s'adressant au président par le biais d'une voix digitale diffusée par ordinateur. "Si j'étais Suisse, Belge ou Néerlandais, je pourrais échapper à cet outrage extrême, mais je suis Italien et ici il n'y a pas de pitié", a dénoncé Piergiorgio Welby, co-président d'une association qui milite pour le droit de mourir.

La réponse du président de la République a suscité un vif débat. La ministre de la Santé du gouvernement de centre-gauche, Livia Turco, a espéré que la question ne se résoudrait pas par un référendum populaire "pour ou contre" l'euthanasie. Plusieurs voix de l'aile catholique du centre-gauche ont également fait part de leur perplexité.

24/09/06 - LCI


Le « non » des évêques à l'acharnement thérapeutique et à l'euthanasie

Les évêques catholiques italiens redisent leur refus de l'acharnement thérapeutique, mais aussi de l'euthanasie, dans une « Note pastorale sur la santé », de la commission de la Conférence épiscopale italienne (CEI) pour le Service de la santé.

La protection de la santé doit toujours viser la protection de la vie, rappellent les évêques italiens.

Les évêques mettent en garde sur les risques qui peuvent surgir d'une « attitude prométhéenne » qui «se fait illusion en croyant pouvoir s'emparer de la vie et de la mort ».

Ils diagnostiquent des « symptômes très évidents de cette conception » dans l'acharnement thérapeutique d'une part et de l'autre dans l'euthanasie qui s'inscrivent « dans une certaine suite logique parce que c'est toujours l'homme qui n'accepte pas de se mesurer de façon humaine avec la mort ».

Par l'acharnement thérapeutique, l'homme cherche tous les moyens de repousser la mort, alors que par l'euthanasie, fait remarquer la note, l'homme s'arroge le droit d'anticiper et de déterminer la mort.

Dans les deux cas, font remarquer les évêques, l'homme entend « exercer une domination absolue sur la vie et sur la mort ».

C'est pourquoi ils mettent en garde contre une excessive gestion de la santé comme une « entreprise ».

L'efficacité, font-ils observer, ne peut pas être aux dépens des soins aux personnes.

Et à propos de la régionalisation du système de santé italien, les évêques dénoncent le risque que les prestations sanitaires ne soient pas également valides dans toutes les régions.


05/06/06 - Zenith.org


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