| Relance du débat sur l'euthanasie après la mort suspecte d'un tétraplégique
Le décés, dans des circonstances douteuses d'un tétraplégique, qui avait réclamé à plusieurs reprises, y compris par voie de presse, son droit de mourir dignement, a rouvert le débat sur la légalisation de l'euthanasie dans le pays, mais le gouvernement a écarté lundi cette éventualité.
Leon Escudero, 53 ans, a été retrouvé mort, jeudi dernier dans son domicile de Valladolid (centre-nord) et l'appareil qui le maintenait en vie depuis six ans était débranché.
Un accident domestique l'avait réduit à un état végétatif, respirant artificiellement et ne pouvant plus bouger que les lèvres.
Il avait lancé un site Internet dans lequel il faisait publier des textes sur son désir de mourir dignement avec l'aide d'autrui.
La police, qui soupçonne qu'une tierce personne l'aurait aidé à mourir, a ouvert une enquête, mais sa famille a remercié cette personne, si elle existe, pour avoir aidé le défunt à accomplir son dernier souhait.
Dans un communiqué remis à la presse, la famille et les amis de Leon ont réclamé la légalisation de l'euthanasie en Espagne pour mettre fin à la souffrance de malades n'ayant pas d'autres issues, souhaitant que sa mort aura servi à faire avancer le débat sur cette question.
La mort de Leon a ranimé la polémique sur l'euthanasie en Espagne, huit ans après le décès souhaité d'un autre Espagnol, Ramon Sampadro, aidé par une femme à mourir et dont l'histoire a été portée au grand écran par le cinéaste hispano-chilien, Alejandro Amenabar, dans «Mar adentro».
Ecartant toute idée de dépénalisation de l'euthanasie, la ministre de la Santé, Elena Salgado, a fait savoir, lundi, que la seule chose à faire est d'accompagner au mieux les souffrants jusqu'à leur dernier souffle.
Le parti de gauche «Izquierda Unida» a annoncé, le même jour, qu'il prévoit de demander une nouvelle fois au parlement de légiférer sur cette question.
Le congrès des députés avait rejeté, au cours des dernières années, des demandes similaires visant la dépénalisation de l'euthanasie.
Bien qu'elle ne parle pas ouvertement d'euthanasie, la législation actuelle punit de six mois à six ans de prison toute personne qui aide de manière active un malade souffrant de douleurs atroces à mettre fin à sa vie.
Des associations ont défendu le droit des malades de «faire de leur vie ce qu'ils veulent», appelant à une approche «très vigilante»pour réguler l'euthanasie en respect de la volonté des malades, afin d'éviter «d'éventuels abus». |