| La nuit glacée de Pa Kin
Après plusieurs années d'une interminable agonie - l'euthanasie lui fut toujours refusée -, l'écrivain chinois Pa Kin est mort le 17 octobre, à l'âge de cent ans. Depuis 1949, il était une des figures littéraires officielles du régime de Pékin. Ce qu'on sait moins, c'est que Pa Kin fut un des principaux introducteurs de l'anarchisme en Chine, notamment en traduisant les ouvres complètes de Kropotkine. Le « Kin » de son pseudo était d'ailleurs un hommage à Kropotkine.
L'an passé, dans un long et remarquable article biographique, Jean-Jacques Gandini rendait hommage à « Pa Kin, écrivain chinois et centenaire ». L'article suggérait quatre périodes dans la vie de Pa Kin : les vingt-cinq premières années de sa vie (1904-1929) auraient pu s'intituler « L'éveil à l'Occident et à l'anarchisme »; les vingt suivantes (1929-1949), « L'écrivain engagé ». Viendront ensuite la troisième période (1949-1976) intitulée « Le peuple a toujours raison », au service du Parti communiste pour lequel il fut tour à tour complice et victime ; puis la quatrième (à partir de 1977), « La sérénité retrouvée », qui vit sa réhabilitation comme écrivain.
Bibliograhie :
. De Pa Kin : vingt romans, treize recueils de nouvelles et de contes, cinq écrits de voyages et douze volumes d'essais (essentiellement en 1928 et 1948).
. De Jean-Jacques Gandini : Pa Kin, le coq qui chantait dans la nuit, éd. ACL, 1985 ; Aux Sources de la révolution chinoise : les anarchistes. Contribution historique de 1902 à 1927, éd. ACL, 1986.
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