Revue de presse
Communiqués de presse
Notre publication
Les livres
Le mouvement
La présidence
Les instances
Les délégations
Sondage l'avis des médecins
Sondage l'avis des français
Conférences / Réunions
Calendrier des événements 2008
Calendrier des forums 2008
Projet de proposition de loi ADMD
Faire connaître la loi actuelle
Le code de la santé publique
Directives anticipées
La personne de confiance
Légaliser et non dépénaliser
De terribles combats
Six raisons de légiférer
Soins palliatifs et fin de vie
Dossiers 2007 - 2005
Archives 2004 - 1999
Témoignages
Recevoir une documentation
Adhérer à l'ADMD
Contacter une délégation
Nous écrire
Pays-Bas
Belgique
Revue de presse
Les associations mondiales
Accueil ADMD > Dossiers > Vincent Humbert
 
La lettre de Vincent au président de la République
 
Devenu tétraplégique, muet et aveugle après un accident, Vincent a écrit au président de la République pour lui demander de lui acorder le droit de mourir.

Monsieur Chirac,
Tous mes respects, Monsieur le président. Je m'appelle Vincent Humbert, j'ai 21 ans, j'ai eu un accident de circulation le 24 septembre 2000. Je suis resté 9 mois dans le coma. Je suis actuellement à l'hôpital Hélio-Marins à Bercks, dans le Pas-de-Calais.
Tous mes sens vitaux ont été touchés, à part l'ouïe et l'intelligence, ce qui me permet d'avoir un peu de confort.
Je bouge très légèrement la main droite en faisant une pression avec le pouce à chaque bonne lettre de l'alphabet. Ces lettres constituent des mots et ces mots forment des phrases.

 

C'est ma seule méthode de communication. J'ai actuellement une animatrice à mes côtés, qui m'épelle l'alphabet en séparant voyelles et consonnes. C'est de cette façon que j'ai décidé de vous écrire. Les médecins ont décidé de m'envoyer dans une maison d'accueil spécialisée. Vous avez le droit de grâce et moi, je vous demande le droit de mourir.
Je voudrais faire ceci évidemment pour moi-même mais surtout pour ma mère; elle qui a tout quitté de son ancienne vie pour rester à mes côtés, ici à Berck, en travaillant le matin et le soir après m'avoir rendu visite, sept jours sur sept, sans aucun jour de repos. Tout ceci pour pouvoir payer le loyer de son misérable studio. Pour le moment, elle est encore jeune. Mais dans quelques années, elle ne pourra plus encaisser une telle cadence de travail, c'est à dire qu'elle ne pourra plus payer son loyer et sera donc obligée de repartir dans son appartement de Normandie.

Mais impossible d'imaginer rester sans sa présence à mes côtés et je pense que tout patient ayant parfaitement conscience est responsable de ses actes et a le droit de vouloir continuer à vivre ou à mourir.
Je voudrais que vous sachiez que vous êtes ma dernière chance. Sachez également que j'étais un concitoyen sans histoires, sans casier judiciaire, sportif, sapeur-pompier bénévole.
Je ne mérite pas un scénario aussi atroce et j'espère que vous lirez cette lettre qui vous est spécialement adressée. Vous direz toutes mes salutations distinguées à votre épouse. Je trouve que toutes les actions comme les pièces jaunes sont de bonnes oeuvres.
Quant à vous, j'espère que votre quinqennat se passe comme vous le souhaitez malgré tous les attentats terroristes.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments les plus distingués.

"Qu'il reprenne goût à la vie" a déclaré Jacques Chirac à la mère de Vincent: " c'est un ordre du président de la République."

Tandis que Jean-François Mattei réaffirme son refus de légifèrer sur l'euthanasie,
88% des Français s'y déclarent favorables.

Certaine personnes souffrant de maladies insupportables et incurables demandent parfois aux médecins une euthanasie, c'est à dire qu'on mette fin à leur vie, sans souffrance. Selon vous, la loi française devrait autoriser les medecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie des ces personnes atteintes de maladis insupportables et incurables si elles le demandent ?
(Sondage IFOP pour le Journal du Dimanche, réalisé les 19 et 20 décembre 2002 auprès d'un échantillon de 957 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas)).

 
déc. 2002
avril 2001
oui, absolument
33
88%
38
88%
oui dans certains cas
55
50
Non
9
10
Ne se prononcent pas
3
2

Le sondage IFOP réalisé pour le JDD montre que 88% des français sont globalement favorables à l'euthanasie pour "des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables". Mais il indique aussi qu'une majorité d'entre eux (55%) demandent que cette pratique ne soit appliquée que dans "certains cas".
Des réserves qui sont en progression de 5 points par rapport à avril 2001.
Les Français semblent s'interroger sur les dérives qui pourraient surgir quand il s'agit "d'autoriser un homme à donner la mort à un autre homme", comme l'a encore répété le ministre de la Santé, Jean-François Mattei. Partisan ds soins palliatifs, ce dernier a en effet redit que l'euthanasie est pour lui "une mauvaise réponse" à la douleur, la solitude et l'abandon. "Il peut y avoir des transgressions, mais la transgression ne peut être écrite dans la loi", a ajouté le ministre.

   
  Copyright © 2007 ADMD