Madame, Monsieur,
Vous êtes candidat à l'élection présidentielle. En notre qualité de responsables de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, laquelle compte près de 28 000 adhérents, nous vous posons une question. Votre réponse sera aussitôt adressée à l'ensemble des adhérents.
Etes-vous favorable à la dépénalisation de l'euthanasie ? Par cette procédure, I'euthanasie active resterait un délit sauf exceptions, sauf dérogations, comme en matière d'lVG..
Notre association demande en effet de pouvoir faire bénéficier les patients, d'une part, des soins les plus éclairés, parce qu'elle ne s'oppose évidemment pas aux soins palliatifs, d'autre part, de tous les progrès de lutte contre la douleur et la souffrance. Enfin d'une éventuelle aide active à mourir si la demande est lucide, libre, réitérée et toujours révocable.
La Hollande, la Suisse-romande et alémanique - bientôt la Belgique et le Luxembourg, I'Etat d'Oregon, la Colombie et bien d'autres pays démocratiques ont légiféré et encadré ce droit qui se confond avec une liberté individuelle fondamentale.
En France, le débat est ouvert depuis quelques couples d'années. Outre le dépôt de textes législatifs, le Comité Consultatif National d'Ethique a admis le principe d'une exception euthanasique. Il a ainsi rejoint l'opinion de 86 % de nos concitoyens - sondages SOFRES et IPSOS - favorables à une délivrance volontaire douce.
Entendez-vous dès lors, au cas de votre succès à cette élection, mettre votre autorité, et cela sans désemparer, au service de cette cause légitime, notamment auprès du gouvernement ? La transparence juridique que nous souhaitons vaut mieux que la clandestinité actuelle qui reste la cause d'abus et de dérives inacceptables.
A vous lire, et avec nos remerciements, certains de votre compréhension, veuillez agréer, chère Madame, cher Monsieur, l'assurance de notre considération distinguée. |