Communiqué de presse du 29 novembre 2006 Hervé Pierra, âgé de 29 ans, en état végétatif chronique depuis plus de huit ans, est décédé le 12 novembre dernier à l’hôpital de Saumur, six jours après le retrait de la sonde gastrique qui le maintenait artificiellement en vie, à la demande de sa famille.
Pour la première fois en France, l’application bien comprise de la loi du 22 avril 2005 a ainsi autorisé une aide médicale à mourir qui ne peut s’analyser que comme un acte de compassion, le maintien en vie d’Hervé Pierra s’apparentant en effet à une obstination déraisonnable désormais proscrite par le code de la santé publique.
L’ADMD prend acte de l’avancée que représente dans de telles situations l’application de la loi du 22 avril 2005 dont les dispositions sont malheureusement encore ignorées de trop nombreux praticiens: pourquoi a-t-il fallu qu’un responsable des soins palliatifs de Besançon se rende à Saumur pour que la sonde gastrique soit, comme l’autorise la loi, retirée ?
Néanmoins, l’ADMD regrette que la seule méthode aujourd’hui autorisée pour apporter une réponse humaine à des situations à ce point dramatiques soit celle qui consiste à laisser mourir les personnes en état d’impasse thérapeutique par défaut de nourriture et d’hydratation. Elle note sur ce plan que les six jours de l’agonie d’Hervé Pierra ont été pour ses parents non pas le temps du deuil mais, selon leur expression, « le temps de l’horreur ».
L’ADMD persiste, en conséquence, à demander une évolution de notre législation de telle sorte que l’aide active à mourir soit expressément reconnue et les médecins autorisés à agir selon des méthodes plus humaines.
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