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Accueil ADMD > Dossiers > Ce que pense l'ADMD de la loi votée le 26 novembre 2004
 
Ce que pense l'ADMD de la loi votée le 26 novembre 2004
 

Il y a un an mourait Vincent Humbert.
Aujourd'hui, où en sommes-nous?

Agé de 22 ans, tétraplégique, aveugle, muet, nourri et hydraté par sonde, Vincent Humbert réclamait publiquement le droit de mourir.

L'émotion unanime soulevée par sa mort est à l'origine d'une mission parlementaire qui a déposé une proposition de loi relative aux droits des malades et à la fin de vie.

Or ce texte, soutenu par le gouvernement, ne permet ni de répondre à la demande de Vincent Humbert, ni de dispenser le docteur Frédéric Chaussoy des poursuites criminelles telles celles engagées à ce jour à son encontre.

Certes, la déclaration de volontés anticipées d'un malade ainsi que son mandataire se voient reconnaître un rôle consultatif. Certes, le droit du malade à refuser tout traitement déjà inscrit dans la loi du 4 mars 2002 est confirmé, voire renforcé. Mais seul un droit au « laisser mourir » est de la sorte instauré. Dans quelles conditions ?

L'avancée de ce texte -et c'est une bonne chose- est qu'il protège désormais les médecins dans leurs décisions de limitation et d'arrêt de traitement. En cela, il met un terme à l'hypocrisie de pratiques parfaitement courantes mais ne relevant d'aucune disposition légale. Mais quels droits donne-t-il aux patients sur leur fin de vie ?

La demande d'aide à mourir des personnes se trouvant dans une situation médicale sans issue ne peut toujours pas être prise en compte par le corps médical. Or, combien sont-elles chaque année, ces personnes confrontées à une fin de vie physiquement et/ou moralement intolérable, à une situation médicale sans issue ?

En vain certaines réclament qu'on les aide activement à anticiper une mort inéluctable ou à quitter une vie qui à leurs yeux n'en est plus une. Un départ anticipé auquel elles ne peuvent pas procéder par le suicide, seule liberté qu'on veuille bien en France leur reconnaître. Mais avec quels moyens !

L'ADMD se bat depuis 25 ans pour que ces personnes soient considérées comme des citoyens libres et responsables dont la volonté doit être respectée. Pour qu'à l'exemple des Pays-Bas et de la Belgique soit votée dans notre pays une loi venant encadrer la pratique de l'euthanasie en réglementant ses conditions d'exercice et de contrôle a posteriori .

La proposition de loi dont ont débattu les parlementaires ce 26 novembre 2004 ne répond ni aux droits fondamentaux de la personne humaine ni aux aspirations de la très grande majorité de nos concitoyens.

Depuis plus de vingt ans les Français se sont, à travers de nombreux sondages, prononcés pour une reconnaissance du droit à une aide à mourir.

Récemment, cette volonté s'est vue confirmer par les 102 000 signatures recueillies par l'ADMD en 2003 en faveur de l'ouverture à l'Assemblée nationale d'un débat relatif à la dépénalisation de l'euthanasie que sont venues conforter quelque 3 000 signatures de médecins.

Aujourd'hui, les 130 000 signatures recueillies en deux mois par la proposition de loi dite « loi Vincent Humbert » initiée par l'association Faut qu'on s'active !, à laquelle l'ADMD n'a pas manqué d'apporter son entier soutien, confirme une fois encore cette volonté.

Rigoureusement encadrée, l'euthanasie s'inscrit dans une évolution de toutes façons inéluctable : une meilleure maîtrise de la mort va de pair avec une meilleure maîtrise de la vie.

En persistant à récuser cette logique, en persistant à nier aux vivants d'incontestables droits sur leur fin de vie, les hommes politiques de ce pays sont-ils conscients que la conquête d'un droit à une euthanasie clairement assumée et définie sera de plus en plus revendiquée par leurs concitoyens, tous âges confondus ?

Sont-ils conscients, ces mêmes hommes politiques, de l'impact qu'aura sur l'opinion leur refus de souscrire à cette ultime liberté, condamnant demain une autre mère à devoir, comme Marie Humbert, donner la mort à son enfant ?

 
   
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