Poursuivi pour homicide volontaire après avoir abrégé, en janvier 2003, le calvaire de son épouse, un homme de 37 ans répondra d'homicide volontaire le mercredi 14 juin, à 9h , devant la cour d'assises de Maine-et-Loire, à Angers.
Atteinte depuis 2000 d'un cancer s'étant généralisé;, l'espérance de vie de cette jeune femme de 29 ans n'excédait pas quelques jours, selon le médecin légiste.
Hospitalisée au centre Paul-Papin, son état se dégradait inexorablement sous l'oil de son époux et de sa famille : se réveillant de temps à autre d'un coma réactif, elle hurlait de douleur en raison des métastases qui lui rongeaient le cerveau et les poumons.
Accédant à la demande d'aide à mourir qu'elle était parvenue à articuler à ses proches, son mari a appuyé sur la seringue contenant de la morphine et des produits antalgiques afin d'abréger ses souffrances.
Le mercredi 14 juin, il sera face à ses juges pour répondre d'un geste d'humanité qui, dans son pays - le Danemark - n'aurait pas été nécessaire. La législation danoise permet en effet, sous certaines conditions, d'accélérer la fin de vie. En France, cet homme encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle, l'une des plus lourdes peines prévues en Europe pour un tel acte.
Une législation inadaptée
Jusqu'à quand va-t-on, au pays des Droits de l'Homme, interdire à chacun d'entre nous le droit d'anticiper sa mort, à sa demande ? En particulier pour être, comme ici, délivré d'une souffrance intolérable que la médecine ne parvenait pas même à soulager ?
Va-t-on continuer longtemps à se contenter de l'actuel droit au « laisser mourir, sans faire mourir » lequel est loin de régler dignement nombre de situations de fin de vie ?
Sans partie civile, le procès fait à cet homme qui, tout comme Marie Humbert, Frédéric Chaussoy, Laurence Tramois et Chantal Chanel, a répondu à une détresse insupportable par un geste du cour vient redire l'urgence d'une modification législative. Pour sortir de l'inégalité devant la mort et de l'inégalité devant la loi.
Dans le respect des convictions de chacun, la loi doit en effet évoluer en distinguant l'euthanasie du meurtre et en l'autorisant, comme aux Pays-Bas et en Belgique, sous condition de principe et de garanties clairement définis. Ce que 9 français sur 10 demandent depuis deux décennies, ainsi que le rappelle un sondage Sofres/ADMD du 10 mars 2006.
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