Le Samedi 14 janvier 2017 - 15:09

Politiquement correct. A-t-on le droit de refuser la dépendance ?

Fin de vie. Le politiquement correct n'encourage-t-il pas à supporter la vie même si celle-ci n'est plus que de la survie ? J’ai le droit de refuser la dépendance […]

​A-t-on le droit d’affirmer que l’on refuse la dépendance ?

Oui, oui, et encore oui…
Pourquoi ne pourrait-on revendiquer pour soi-même un droit qui ne porte préjudice à personne ? Pourquoi le choix des conditions de ma propre fin de vie serait-il conditionné à l’appréciation de mes proches voire de parfaits inconnus, fussent-ils hommes de foi, hommes de loi ou soignants ?
Notre droit consiste à organiser nos libertés individuelles : celle de se déplacer, celle de se marier, celle de s’instruire, celle de travailler… Et lorsqu’il oblige, c’est pour des raisons d’intérêt général : la loi oblige au port de la ceinture de sécurité, en voiture, ou du casque, à moto. Pourquoi ? Non pas par intérêt particulier pour le bien-être des citoyens, mais bien plutôt pour éviter, par des accidents graves et des infirmités temporaires ou définitives, d’alourdir les dépenses de la sécurité sociale. Aucune forme d’altruisme, mais des grands principes macro-économiques. C’est ainsi…
Aussi, lorsque je mets un terme à une vie qui n’est plus que de la survie, parce que la maladie ou même le cours naturel de ma vie en ont décidé ainsi, il n’y a nulle conséquence sur la collectivité. « Je suis, je ne suis plus… » Voilà. Rien de plus…
Alors oui, j’ai le droit de refuser la dépendance. J’ai le droit de penser qu’une vie qui n’est plus qu’asservissement à des machines, à des hommes, et m’impose comme une charge à ceux que j’aime le plus au monde peut être refusée…
Mais arrivé à ce stade, cette décision ne peut être prise que par moi. Et par moi seul. Soit que j’ai encore la capacité à m’exprimer (par la parole, par le geste, par l’écrit), soit que j’ai laissé des directives anticipées, soit que j’ai désigné expressément des personnes de confiance.
Ma vie m’appartient, et à nul autre. Je la dirige de la manière que je choisis. Et lorsque je décide d’y mettre un terme, qui peut légitimement m’en empêcher ? Et s’il se trouve des femmes et des hommes humains et compatissants pour m’y aider, sans violence et dans le respect de ma conscience et de ma volonté, je demande que mon consentement soit bien établi puis qu’on leur fiche la paix et, qu’à moi, on me permette de profiter d’un repos éternel, sans doute mérité et obtenu dans la sérénité d’une loi d’ultime liberté.
 

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